Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

20 octobre 2007

Pour une justice de proximité…

Vendredi dernier, assisté de mon directeur de campagne Grégory Namiech, j’étais présent à une réunion sur la réforme de la carte judiciaire sur Sète et le Bassin de Thau. Une réforme qui devrait conduire à la fermeture des trois instances représentées sur Sète : Tribunal d’Instance, de Commerce et Conseil des Prud’hommes.
Passons sur le fait que cette réunion, organisée par l’UMP local, n’ait pu se sortir d’un sempiternel débat « si on est contre, on est contre Sarko ! ». Etonnant quand même cette propension à refuser tout débat…hors culte de la personnalité ! Une telle réunion aurait du d’ailleurs peut-être être organisée par les juristes sétois eux-mêmes. Hors parti.
Les « plaidoiries »…ou « plaidoyers » de quelques avocats sétois, dont Maître Escarguel Père et fils, ou mlle Catarina, ont été bien plus fructueux : rappelant qu'une démocratie c’est d’abord la concertation avant toute décision ! Qu’une justice de proximité, souhaitée semble-t-il par l’actuel pouvoir en France avec la création de juge du même nom, c’est aussi la conservation de tribunaux d’Instance, de commerce et de prud’hommes sur un bassin de prés de 120.000 personnes (le Bassin de Thau et l’Agglomération sétoise). Qu’il s’agit aussi d’emplois…et de citoyens qui devraient supporter les temps et frais de déplacements vers Béziers ou Montpellier en cas de confirmation de « délocalisation ».

Hors des sectarismes politiciens, il est juste de saluer la mobilisation de nos élus locaux, du maire François Commeinhes au conseiller général du second canton François Liberti. Tous deux ont saisi la ministre de la justice. Reste à savoir si, comme le maire de Nîmes à propos de sa Cour d’Appel, ils seront aussi entendus. Tout comme les représentants du monde judiciaire sétois. Je suis en tout cas solidaire de cette défense d’une justice de proximité sur Sète.

Et au-delà de ce combat, il serait peut-être bon de réfléchir à ce que pourrait être une véritable réforme judiciaire : donner enfin une assise juridique professionnelle à l’ensemble des institutions. Une indépendance totale avec des juges professionnels par exemple aux prud’hommes, assisté des représentants des salariés et des patrons.

Philippe Sans

17:35 Publié dans Emploi | Lien permanent | Commentaires (0)

13 octobre 2007

Poumons atteints : Sète bientôt irrespirable ?

Décidément, les pins de Sète ont bien du souci à se faire ! Voici quelques jours, seize «centenaires » étaient sacrifiés sans justification aucune (on attend encore le rapport d’autopsie…pardon, sanitaire demandé par les riverains!), dans le quartier des Métairies.

Architecte et urbaniste de formation,
je me suis rendu cette fois-ci dans celui du Château-Vert avec Sylvie Naud-Barritou (DEUST Ecologie et Environnement) et Richard Balana, deux personnes de notre équipe sensibles comme moi à la préservation de notre environnement. Pour rencontrer les résidents qui attaquent un permis de construire, mais aussi juger de l’importance de la situation.

Prés de 90% d’une pinède et chênaie de 329 arbres devrait faire place à un projet immobilier de 210 « logements haut de gamme » et 40 de résidence vacances. Avec des bâtiments grimpant jusqu’à six niveaux ! Et ce, étonnant symbole, en première ceinture verte de notre mont Saint-Clair. Il est vrai que quelques-uns des petits arbres et arbustes de cet immense terrain de plus de 20.000 mètres carrés peuvent laisser place à quelques constructions. Le rapport phytosanitaire du projet ne comptabilise cependant que dix arbres en mauvais état. Mais les autres seront détruits…pour une à deux générations ! Comment peut-on continuer les erreurs du passé ?


Le sétois que je suis ne peut qu’être inquiet : le poumon vert sétois est en train d’être supplanté par le béton sans réflexion aucune.

Le permis de construire de ce projet immobilier semble respecter le Plan d'Occupation des Sols actuel, et le Coefficient d’Occupation qui donne les surfaces autorisées de construire.
D’un côté des professionnels de l'immobilier désireux, et c’est logique, de rentabiliser le prix d’achat et la surface maximale constructible autorisée. De l’autre, le paysage et l’environnement naturel. Et les habitants d’aujourd’hui et de demain.

Notre conclusion : il est temps d'appliquer un nouveau Plan Local d’Urbanisme (PLU) qui permette un respect de notre environnement en accord avec le développement urbain. Et ce alors que l'actuel Plan d'Occupation des Sols (et futur PLU) est en révision depuis...début 2002, soit prés de six ans ! Un record!

Un nouveau PLU se doit de naitre de la concertation avec la population et les professionnels de l’immobilier ! Quartier par quartier, rue par rue pour, sans interdire tout projet, faire en sorte de garantir un équilibre urbain et un patrimoine environnemental.
Sinon, la course à la population risque de se payer au prix fort pour nos enfants.


Et il ne s'agit pas d'oublier que la réflexion entamée depuis quelques mois par le Syndicat Mixte du Bassin de Thau, à travers le SCOT (Schéma de Cohérence Territoriale du Bassin de Thau), a pour mission première de s'assurer de l’équilibre entre la consommation d’espace au titre du développement et la protection des espaces naturels et des paysages. Un tel projet devrait donc dés à présent intégrer cette notion!

Accepter un tel projet, et projeter l'urbanisation d'un quartier, c'est aussi prévoir les structures d'accueil qui en découleront. A l'heure de crêches et halte-garderies, structures de plus en plus réunies de par la loi, surchargées, quid pour ce quartier? Et pour l'arrivée (espérée) de nombreux nouveaux enfants?

On peut aussi s’interroger sur la part de logements réservés à celles et ceux (et ils sont de plus en plus nombreux) qui ont des revenus moyens…ou plus que modestes. Sur le permis de construire, aucun logement social. Aucune location-accession à la propriété…S’il est louable de vouloir séduire une population extérieure, aux revenus conséquents, pensons aussi à loger les enfants de Sète, aux revenus moyens ou modestes ! Sans ghettoïsation et avec de l’oxygène pour tous !

Philippe Sans