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15 décembre 2007

Sète…à quai !

Il y a ceux qui rêvent toute leur vie de s’embarquer pour des horizons lointains, des découvertes enrichissantes. Vers le futur. Et qui un jour osent. Et ceux qui restent au bord du quai. Sans jamais tenter de donner vie à leurs rêves.
Sète est resté à quai concernant la mise en valeur de sa première richesse : son essence maritime, son sang bleu, ses odeurs remontées des profondeurs de sa genèse.
En 1989, je passais mon diplôme d’Etat d’architecture. Ma thèse portait sur une muséographie mettant en valeur la mer. Projet dessiné sur Sète, partant de la Corniche avec une promenade de bord de mer (tiens, tiens…), un parking réaménagé d’un Théâtre de la Mer remis en valeur (re-tiens, tiens, tiens…), une promenade prolongée jusqu’à une criée qui devait jadis déjà peut-être à l’époque déménager vers Frontignan (projet commun alors du Département et des pêcheurs…)…Thèse soutenue avec succès et saluée d’un diplôme. Et dont certaines idées ont depuis été concrétisées sur Sète. Ce dont je me félicite. Mais de muséographie autour du concept des profondeurs marines, des métiers de la pêche et de la mer de notre Golfe du Lion…point.
Aujourd’hui, à quelques encablures de notre port…que l’on dit porte de la région sur la Méditerranée, voici que vient de sortir des flots…pardon de terre (Montpellier n’étant pas un port !), « Mare Nostrum ». Un complexe géant mêlant aquarium, zone ludique et éducative…On peut même embarquer sur un bateau par gros temps…comme pour de vrai !
Sète est resté à quai en ce qui concerne cette opportunité.
Il nous faut donc oser, en étudiant leur faisabilité, porter des projets qui nous sont propres ! Avant que d’autres ne s’en emparent pour leur bonheur. Il en va de notre survie….
Voilà pourquoi j’ai proposé, dans un premier projet de ville visant à redonner du souffle à notre cœur, de créer des anneaux manquants pour la plaisance navigante et de cabotage en notre vieux bassin. Au cœur même de notre ville. Tout en conservant autant que possible ce qui fait l’essence même et la singularité de notre port, les petits métiers et ces chaluts qui ont déserté le Cap d’Agde ou la Grande-Motte…
Un projet que nous nous devons de porter, d’étudier et de faire sortir des flots avec les pêcheurs, les plaisanciers, les commerçants locaux, la Région (maître désormais du port), l’Europe et des investisseurs privés. Pour que tous puissent embarquer pour demain. Ensemble. Et pas rester à quai !

23:55 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Vous avez présenté un projet ou la plaisance prend toute saplace, mais ôù les pêcheurs disparaissent totalement. N'oubliez pas que sète est le premier port de pêche. C'est avant tout cela qui fonde l'identité de cette ville. Les enlever de nos canaux comme vous le proposez, c'est perdre l'âme de Sète, mais, plus grave, menacer des centaines d'emploi s'il n'y a pas un plan cohérent avec les autres collectivités, et vous n'en citez aucun, pour l'activité pêche. C'est dangereux.

Écrit par : alain | 16 décembre 2007

Bonjour alain,
tout d'abord loin de moi l'idée d'enlever la pêche de notre port. Je vous rejoins complètement : c'est l'âme première et le cachet singulier de Sète.
Le projet que nous avons présenté vise d'abord à piétoniser les quais, du Môle à la Savonnerie en deux phases, répondant ainsi à une demande des commerçants et souhaits aussi exprimés par certains touristes et sétois. Cela n'implique nullement le rejet de la pêche. Ceci est notre projet de Ville, car c'est ce que la Ville peut maîtriser. Et financer. La Ville est maître de son urbanisme...mais plus de son port.
Pour le reste, cela est du ressort de la Région, désormais seul maître à bord du port dans les domaines du commerce, de la pêche et de la plaisance. A moins que la Ville (et nous y sommes favorables) ne vienne accompagner cette Région dans les prospectives possibles.
A l'heure actuelle, la Région a décidé de déplacer les thoniers en hivernage à Cayenne, puis plus tard vers Frontignan. Et envisage à moyen terme de moderniser l'outil de la pêche avec réhabilitation des structures portuaires de Frontignan (et déplacement de la criée)...
En pleine crise, la pêche ne verra pas d'autres créations d'armements (chalutiers) supplémentaires dans les années à venir. La place des thoniers ne sera pas donc prise par de nouveaux chalutiers. Dés lors, ce déplacement des thoniers (décision hors maîtrise de la ville et logique d'ailleurs) pourrait permettre de créer des anneaux de plaisance (il en manque prés de 4.000 sur la seule Méditerranée française) en coeur de ville...mais cela doit se faire en concertation avec les pêcheurs et la Région afin...et je vous rejoins, de conserver l'identité sétoise.
Nous n'avons à aucun moment parler de supprimer des emplois dans la pêche, je vous rassure. Au contraire, puisqu'en liaison avec certains petits métiers de la pêche, nous projetons la création d'un Village des petits métiers au cul de boeuf. A moins qu'ils ne préfèrent au final une place ailleurs. Là aussi, la concertation doit être de mise...et la Région au final décisionnaire. Sauf dans le domaine de la piétonisation, bien agréable pour profiter, hors des désagréments de la voiture, de notre identité si singulière...

Écrit par : Philippe SANS | 16 décembre 2007

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