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28.05.2008

Trop-plein !

Même si certains d’entre eux ont pris l’habitude depuis quelques années de prendre des libertés avec les règlements (puissance maximale des moteurs, jauge de leur bateau, quota de pêche…), la colère des pêcheurs à propos de la hausse effrénée du prix du gazole est aujourd’hui légitime. Tout comme celle des transporteurs routiers, agriculteurs, taxiteurs…ou autres professions qui, par « essence » même, ont un cruel besoin de carburant pour exercer leur activité.
Mais ce débordement, la goutte de trop qui fait déborder le vase de la tolérance sociale doit aussi nous conduire, simple citoyen, à réfléchir sur ce hold-up à grande échelle sur notre porte-monnaie et notre pouvoir d’achat.
Ne nous y trompons pas : ce n’est point la raréfaction des ressources pétrolières qui est la cause de cette flambée des prix, mais une véritable spéculation en bourse. En contribuant à vider les nôtres !
Certes, sous le flot de revendications, le président et le Gouvernement viennent d’annoncer des mesures d’aides financières. D’abord pour lesdites professions, puis ensuite pour celles et ceux qui sont les plus pénalisés au quotidien. Bien. Mais n’oublions pas que cet argent…c’est encore le nôtre, puisqu’issu du budget de l’Etat et donc de nos taxations. En l’occurrence, du surplus de TVA touché…sur le prix des carburants ! C’est décidément le serpent (monétaire) qui se mord la queue !
Et une fois encore, les contribuables payent les pots cassés...pendant que des multinationales pétrolières et des actionnaires spéculent à tout va sur l'or noir et tirent et les ficelles et les marrons du feu.
Et bizarrement, aucun homme politique national ne monte vraiment au créneau! Rassurez-moi, ils n'ont aucun lien direct avec ces grandes compagnies? Le financement occulte des partis politiques, les pots-de-vin (ou plutôt d'essence), les dessous de table, les commissions occultes...c'est bien fini? Mais peut-être roulent-ils à l'électrique...

Alors appliquons à notre tour le système du trop-plein. Système permettant la régulation du niveau de liquide dans une cuve par débordement. Et que le débordement de notre colère s’exprime…mais par des actes régulant par le poids citoyen le marché. Touchons donc là où ça fait mal, au porte-monnaie :
- boycottons les stations services des grandes marques pétrolifères, aux bénéfices annuels colossaux ;
- adhérons à des associations militants pour le recours à d’autres types de carburants (électriques, huiles de colza ou de tournesol…)
- développons le covoiturage ;
- augmentons nos déplacements en transports en commun, en vélo ou à pied.


Il est temps aussi de s’interroger sur le système de taxation et des rentrées parafiscales indirectes encaissées par l’Etat. Indexer des prélèvements sur les revenus est le moyen le plus juste, le plus équilibré socialement. Et humainement. Le système de taxe sur les carburants pénalise d’abord les petits revenus. Qui ont les mêmes besoins de se déplacer pour leur travail, leur vie familiale ou sociale. Il est de temps de comprendre que ce n’est pas en continuant d’étrangler ainsi le pouvoir d’achat… que l’on va contribuer à le relancer. Une lapalissade qui semble échapper à bon nombre de décideurs politiques !