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13.07.2008

Hippocrate…ou hypocrite ?

Les réactions de certains politiques sétois ces derniers jours au projet immobilier sur un terrain jouxtant le Centre Intercommunal Hospitalier de Sète, pourraient prêter à sourire. Entre un maire qui n’est pas au courant des désirs d’extension de l’hôpital, alors qu’il a des représentants au Conseil d’Administration, et des socialistes qui ne se souviennent plus d’avoir été aux affaires.

Mais au-delà de ces « petits mensonges entre amis », le problème est plus important qu’il n’y parait : c’est celui tout d’abord de l’avenir de cet hôpital.
S’il ne peut s’ancrer plus encore dans le besoin du terrain (sans jeu de mot) local, il risque fort de se voir peu à peu dépecer de ses moyens, dans le cadre de la grande recentralisation actuelle des équipements publics. Cela se ferait au profit des structures montpelliéraines…ou de cliniques privées plus proches.
Conserver ses urgences est chose vitale pour tout notre bassin. Et si son héliport est déplacé (momentanément ?), quid de leur avenir ?
Certains dit-on verraient aussi d’un bon oeil le déplacement de cet hôpital hors de Sète, dans une zone plus intercommunale. Si cela doit être mûri dans l’intérêt général des habitants de l’agglomération Sète-Bassin de Thau, pourquoi pas. Si cela doit être pensé pour des intérêts particuliers, immobiliers ou autres, c’est autre chose !

C’est aussi la question de la spécificité urbaine et patrimoniale sétoise.
J’ai eu l’occasion de dénoncer, lors de ma campagne municipale, la course effrénée que certains semblent vouloir entreprendre à l’augmentation démographique sur un territoire sétois limité. Protéger et rénover le parc immobilier existant aux caractéristiques patrimoniales et architecturales attractives se doit d’être une priorité. Renouveler celui qui est obsolète avec des constructions nouvelles, aussi. Tout comme développer des programmes immobiliers intégrés dans un véritable espace pensé, en environnement durable.

Mais faire disparaître à coup de tronçonneuse des parcelles entières au profit de grands programmes à échelle démesurée est aujourd’hui à l’encontre d’une ville équilibrée. Tout comme ne pas réfléchir à la place de tels espaces dans le développement urbain futur.

Voilà pourquoi il était temps de définir de nouvelles règles d’urbanisme sur Sète, dans le cadre d’un Plan Local établi en concertation avec les professionnels de l’immobilier et de la construction, les riverains, les associations de quartier et de protection de l’environnement. Le tout dans la droite ligne des futures prescriptions déjà connues du Schéma de Cohérence Territoriale d’agglomération.

Là encore malheureusement, on semble depuis six ans, et la mise en révision du plan d'urbanisme sur Sète, ne pas dégager de réflexion à long terme. Celle que doit avoir tout bon urbaniste et tout bon politique. A moins que l’objectif réel, et alors autant le dire de manière claire et assumée, soit de porter Sète à 60.000 ou 70.000 habitants ! Ce serait alors la perte de notre identité propre au détriment d’une nouvelle, plus « neutre ». A moins encore que cette réflexion ne soit gardée secrète pour l’heure…Elle serait pourtant intéressante. Ne serait-ce que pour un débat démocratique.