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22 juillet 2008

De vives voix

Une voix donc a suffit pour faire adopter hier la réforme de la Constitution.
Passons au-delà des polémiques sur le bien fondé de ce dépoussiérage constitutionnel : après tout, la société évoluant, il est sain d’avoir débat sur une évolution parallèle du fonctionnement de nos gouvernances.
Mais cette voix a montré aussi les limites de certains dans le respect de la démocratie.
On assiste en effet à un tir à boulet rouge de la part de leur propre camp ou parti sur certains députés et sénateurs de droite et de gauche. Ils ont osé voter à l’encontre des « souhaits »…non, écrivons plutôt directives ou ordres de leur parti.
Et alors ? Où est le problème ?
Un élu doit-il donc mettre le doigt sur la couture et voter à l’encontre de ses idées personnelles ?
Si son vote est l’expression de sa conviction personnelle irréductible et inflexible, non convaincu par les multiples arguments déployés par les uns et les autres, alors quelle que soit cette expression elle est respectueuse.
S’il doit voter à l’encontre de ses convictions, mais par pur intérêt ou calcul politique, cette expression n’est plus démocratique.
Et moi, je préfère vivre en démocratie. Alors il est encore heureux de voir des politiques voter comme ils l’entendent d’abord. Et ce qu’ils ont à entendre d’abord, ne l’oublions pas c’est aussi la voix de celles et ceux qui les ont élus.

09:52 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (6)

13 juillet 2008

Hippocrate…ou hypocrite ?

Les réactions de certains politiques sétois ces derniers jours au projet immobilier sur un terrain jouxtant le Centre Intercommunal Hospitalier de Sète, pourraient prêter à sourire. Entre un maire qui n’est pas au courant des désirs d’extension de l’hôpital, alors qu’il a des représentants au Conseil d’Administration, et des socialistes qui ne se souviennent plus d’avoir été aux affaires.

Mais au-delà de ces « petits mensonges entre amis », le problème est plus important qu’il n’y parait : c’est celui tout d’abord de l’avenir de cet hôpital.
S’il ne peut s’ancrer plus encore dans le besoin du terrain (sans jeu de mot) local, il risque fort de se voir peu à peu dépecer de ses moyens, dans le cadre de la grande recentralisation actuelle des équipements publics. Cela se ferait au profit des structures montpelliéraines…ou de cliniques privées plus proches.
Conserver ses urgences est chose vitale pour tout notre bassin. Et si son héliport est déplacé (momentanément ?), quid de leur avenir ?
Certains dit-on verraient aussi d’un bon oeil le déplacement de cet hôpital hors de Sète, dans une zone plus intercommunale. Si cela doit être mûri dans l’intérêt général des habitants de l’agglomération Sète-Bassin de Thau, pourquoi pas. Si cela doit être pensé pour des intérêts particuliers, immobiliers ou autres, c’est autre chose !

C’est aussi la question de la spécificité urbaine et patrimoniale sétoise.
J’ai eu l’occasion de dénoncer, lors de ma campagne municipale, la course effrénée que certains semblent vouloir entreprendre à l’augmentation démographique sur un territoire sétois limité. Protéger et rénover le parc immobilier existant aux caractéristiques patrimoniales et architecturales attractives se doit d’être une priorité. Renouveler celui qui est obsolète avec des constructions nouvelles, aussi. Tout comme développer des programmes immobiliers intégrés dans un véritable espace pensé, en environnement durable.

Mais faire disparaître à coup de tronçonneuse des parcelles entières au profit de grands programmes à échelle démesurée est aujourd’hui à l’encontre d’une ville équilibrée. Tout comme ne pas réfléchir à la place de tels espaces dans le développement urbain futur.

Voilà pourquoi il était temps de définir de nouvelles règles d’urbanisme sur Sète, dans le cadre d’un Plan Local établi en concertation avec les professionnels de l’immobilier et de la construction, les riverains, les associations de quartier et de protection de l’environnement. Le tout dans la droite ligne des futures prescriptions déjà connues du Schéma de Cohérence Territoriale d’agglomération.

Là encore malheureusement, on semble depuis six ans, et la mise en révision du plan d'urbanisme sur Sète, ne pas dégager de réflexion à long terme. Celle que doit avoir tout bon urbaniste et tout bon politique. A moins que l’objectif réel, et alors autant le dire de manière claire et assumée, soit de porter Sète à 60.000 ou 70.000 habitants ! Ce serait alors la perte de notre identité propre au détriment d’une nouvelle, plus « neutre ». A moins encore que cette réflexion ne soit gardée secrète pour l’heure…Elle serait pourtant intéressante. Ne serait-ce que pour un débat démocratique.

15:00 Publié dans Urbanisme | Lien permanent | Commentaires (14)

05 juillet 2008

Le dernier souffle

Il y a des moments dans la vie où un simple geste peut-être ressenti comme un coup de poignard.
Mardi, les décors du spectacle historique « Cette histoire… », que j’ai co-écrit avec mon ami Michel Gay, ont été sortis de l’entrepôt municipal sétois d’Agrocanet, dans lequel ils avaient été créés par de formidables bénévoles. Et laissés au gré du vent et de la pluie. Autant dire qu’au moindre orage, il en sera fini de leur vie artistique.

L’explication est simple : il s’agissait pour la Municipalité de récupérer l’espace intérieur pour y loger ses services manutention. En effet, le lieu dans lequel ces-derniers logeaient vient d’être vendu pour une opération immobilière privée.

Depuis août 2007, l’association Cette histoire (que j’ai présidé de 2003 à 2006) était en négociation avec la Ville. Elle avait obtenu un premier sursis jusqu’en décembre pour y maintenir ses décors imposants (dont le célèbre train Montpellier-Cette des années 30 reconstitué sur de vieux porte-chars), dans le cadre de la convention annuelle de partenariat logistique avec la Ville à l’occasion de l’organisation du spectacle son et lumière. Puis, dans l’optique d’une nouvelle édition en 2009, remaniée, la Ville avait signifié qu’elle serait alors partenaire. Il convenait donc de garder à l’abri ces décors. Mais voilà, l’association, sans moyen financier, n’a pas trouvé d’autres lieux sur Sète. Et la Ville n’a rien proposé. A moins qu’elle n’ait rien trouvé…mais comme elle n’en a rien dit.

Avec mon ami co-créateur Michel, c’est une profonde blessure que nous avons ressentie. Alors que dans bien des villes de France, les sons et lumières historiques et féériques sont encouragés, développés (y compris désormais à Agde !)…ici, il a fallu depuis le début ramer en quelque sorte contre le courant. Certes, la politique d’animation culturelle revient au pouvoir en place. Et en la matière, de belles choses se font et se perpétuent depuis quelques années. Certaines ont aussi été lancées avec réussite, d’autres un peu moins. Mais en ce qui concerne Cette histoire, quel est le véritable soutien envisagé par la Ville ? Le rapport fait à la presse par Yves Moxin, homme humaniste entier et indépendant s’il en est de toute manipulation politique, y compris pour être clair de ma part (même si ce n’est pas mon genre !), de ses différentes rencontres pré- et post électorales avec la Municipalité laisse perplexe…

J’ai tenté de prendre de la distance pour ne pas politiser la chose, ou nuire aux intérêts de l’association. J’ai cependant, avec philosophie (mais avec aussi une sourde colère contenue), répondu à la presse écrite qui me sollicitait. Car je pense qu’il y a toujours (ou en tout cas bien souvent) une solution de consensus toujours possible. Car après tout, comme je l’ai dit, si la Ville souhaitait récupérer des locaux du FC Sète au stade Louis-Michel pour des travaux, aurait-elle mis toutes les affaires dehors à la merci d’intempéries ? Que nenni ! Une solution aurait été trouvée n’en doutez pas !

Quel sera donc l’avenir de Cette histoire ? Je ne le sais pas. Je me bats en tout cas, sans tapage, pour tenter de sauver ces décors, leur retrouver un abri…et faire retrouver aussi à l’association une possibilité de jouer à nouveau. Une dernière fois. Peut-être un autre spectacle. Ailleurs. Quitte enfin à régler ses dettes et à mourir ensuite dignement sur scène. Comme Molière. La tête haute. Fière. Honnête. Et passionnée jusqu’au dernier souffle…

19:13 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (8)