« 2008-07 | Page d'accueil | 2008-09 »

19.08.2008

Le prix de la passion

Me voici donc de retour sur mon blog après quelques longues journées de vacances méritées (les premières depuis le marathon de la campagne municipale de mars dernier et la reprise de mon travail dans la foulée). Nous sommes partis en famille en Dordogne, pays de la préhistoire (Lascaux et autres sites) mais aussi du patrimoine architectural et gastronomique. L’occasion d’ailleurs de voir que la défense de ces deux fleurons périgourdins est l’une des priorités des élus là-bas et l’un des fers de lance économico-touristiques.
D’où ma grande perplexité en prenant connaissance du projet de loi gouvernemental qui envisage d’imposer dans toutes les grandes initiatives associatives (notamment les spectacles historiques) une rémunération des bénévoles participants. Une manière, est-il dit, de récompenser leur engagement. Comme s’ils attendaient eux-mêmes de l’argent !
C’est avant tout la passion, le désir de partager, de défendre une histoire, un patrimoine, une ville qui les animent ! Préservons cela. Et ne tapons pas sur un monde associatif que certains sont bien heureux d’avoir quand il s’agit d’apporter quelques animations à bon marché ou autres engagements sur le terrain.
Mais pourquoi donc le gouvernement veut-il tout raccrocher à l’argent ?
Cet argent que les associations ont de plus en plus de mal à trouver pour perpétuer leurs actions. Pour récupérer des charges sociales et autres taxes ? Pour supprimer des initiatives qui peuvent concurrencer des compagnies professionnelles ?
On taxe les associations de vivre au crochet des subventions publiques ? Pas plus que les compagnies professionnelles de spectacle vivant. Et c’est oublier aussi qu’elles rentrent des partenaires privés et que les recettes spectateurs sont vitales pour eux. Bien plus que pour certaines compagnies dont les prestations sont commandées et payées quoiqu’il advienne.
Et c’est oublier aussi que la défense d’un patrimoine, son partage, sa transmission orale ne doivent pas devenir source de vénalité. J’ai bien peur qu’il n’en devienne autrement. Voilà pourquoi je m’oppose à vouloir faire payer la passion bénévole.