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03 décembre 2008

PRI en la demeure ?

J’ai assisté hier soir, en auditeur libre, mais aussi en tant qu’ex-habitant du Quartier des 4 Ponts, à la réunion organisée à la demande du Comité de Quartier sur le Plan de Rénovation Immobilière. L’occasion d’entendre la SA Elit, par l’intermédiaire d’un de ses techniciens mais aussi de son président le maire de Sète, expliquer le Plan de Rénovation Immobilière. (PRI).
Un PRI lancé à juste titre par la Municipalité en 2003 pour cette entrée Sud-Est de Sète. Dans ces quartiers, anciens prolongements de l’activité économico-portuaire, aujourd’hui trop d’immeubles vétustes, de logements insalubres…ou en attente d’une réhabilitation minimale.
On ne peut donc que saluer la démarche. Surtout qu’elle intègre dans le nombre de logements reconstruits 25% de loyers conventionnés, permettant ainsi à des populations peu aisées de rester habiter dans ces quartiers.

Il est par contre quelques problématiques qui m’interpellent. Et qui n’ont pas trouvé de réponses claires de la part de la SA Elit et de son maire-président face aux questions posées par les auditeurs :
• Toutes les personnes relogées temporairement en appartement « tiroirs » le temps de l’opération de reconstruction sont-elles ensuite prioritaires pour l’attribution des nouveaux appartements ?

• Sont-elles bien relogées à l’identique (tout au moins en nombre de pièces de vie) ? Sur ce point, posé de manière générale par l’une des personne concernée (Jacques Vié, commerçant locataire et vice-président de l’association « Cette évolution » qui regroupe des locataires et propriétaires du quartier) la seule réponse du maire-président a été : « Nous ne parlerons pas ici de cas personnel. Nous vous avons répondu par lettre recommandée ! »

• Les revenus des locataires sont-ils pris en compte pour ne pas les plomber avec des revalorisations de loyers au-dessus de leurs moyens, lorsqu’ils réintègrent les nouveaux appartements ? Dans le cas contraire, ce serait une manière indirecte de contraindre finalement les plus « justes » financièrement à quitter les appartements…et à les laisser libre pour une autre clientèle, plus aisées !

• Enfin la prise en compte du besoin du quartier en espaces de vie, de jeux et verts : aucune précision à ce jour. Et ce alors qu’une résidente du quartier du quartier Quai d’Orient-Avenue du Maréchal Juin est venue dénoncer la « bétonisation » et froideur de ce quartier…

S’il semble plus logique de travailler avec des promoteurs privés pour mener à bien ces opérations, il appartient cependant au maire-président de la SA Elit de veiller à ce que le PRI ne leur serve en aucun cas de moyen de spéculation immobilière. Il est peut-être bon, devant l’absence de certaines réponses, de rappeler que la lutte contre les marchands de sommeil fait aussi partie des objectifs du PRI. Ceux qui louent des logements insalubres…comme ceux qui chassent les plus démunis pour récupérer du mètre carré à revendre ou à relouer.

15:26 Publié dans Urbanisme | Lien permanent | Commentaires (0)

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