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06 février 2009

Base de la démocratie

Je me suis rendu ce jeudi soir, à l'invitation de certains parents d'élèves et du Collectif Unitaire Sétois "Parents-Enseignants" à l'Ecole Anatole-France du quartier de l'ile de Thau à Sète. Un collectif qui se veut citoyen et non manipulé politiquement. Souhaitons-le lui. Regrettons d'ailleurs l'absence de tout représentant de l'Inspection d'Académie dans le débat qui a eu lieu, ainsi que de tout adjoint en charge de l'Enseignement au sein de la Municipalité.

J'ai écouté et compris toute l'inquiétude à propos de certaines décisions du projet du Ministre de l'Education Nationale Xavier Darcos. Notamment la suppression de postes d'enseignants dans le circuit RASED (Réseau d'Aide Spécialisée aux Enfants en Difficulté).

Comme je l'ai exprimé, en vingt-cinq ans de journalisme j'ai rarement vu un projet de réforme d'un Ministre de l'Education ne pas être contesté. Qu'il soit de gauche (Allègre...) ou de droite (Devaquet, Ferry Luc...). Et les projets de réforme de pourtant se succéder au gré de chaque nouveau gouvernement, ou en tout cas président !
Que notre Education Nationale doive s'adapter à l'évolution de notre société est une évidence. Qu'elle fasse l'objet de réformes (ou tentatives de réformes) avortées ou s'auto-annulant est une ineptie. Tout cela a un coût : financier, social et moral!

Le véritable besoin passe d'abord par une véritable construction d'un projet d'Education et d'Enseignement mais basé sur :
* un état des lieux dressant le bilan des expériences en cours (RASED...) et une mise sur la table en commun. Par la véritable concertation en amont de toute réforme. Avec les premiers concernés que sont les enseignants (qui oeuvrent au quotidien sur le terrain dans des conditions parfois difficiles tant humainement, matériellement que sociologiquement), mais aussi les parents confrontés eux aussi à cette évolution de société et à des difficultés sociales ou familiales. Ou tout simplement avec des attentes éducatives propres.
* le dégagement de moyens appropriés dans le respect de l'intérêt public (c'est-à-dire dans l'efficacité réelle faisant de chaque établissement un établissement de qualité et sûr!)
Même si l'on peut considérer l'intérêt de faire faire donner des cours de soutien par le propre enseignant de l'élève en difficulté (aprés tout, il n'est pas plus mal placé qu'un autre enseignant, du fait qu'il connait bien son élève...), je ne peux comprendre, comme beaucoup, que l'on annonce l'embauche de prés de 5.000 médiateurs chargés de lutter contre l'absentéïsme (aprés tout, pourquoi pas...?!), mais alors que dans le même temps on annonce la suppression de 3.000 à 9.000 postes de soutien en RASED.

Car l'Education et l'Enseignement sont les bases de notre société. Et de toute démocratie. Contribuant à forger l'esprit et la connaissane de futurs citoyens.
Supprimer des moyens aux RASED, c'est assasiner l'Egalité du savoir possible et des chances. C'est assassiner la Fraternité au profit d'une éducation à deux vitesses, laissant de côté celles et ceux qui ont le plus de difficultés. C'est assassiner la liberté du choix de vie...mais aussi de penser.

06:54 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (5)

Commentaires

est ce qu'il ne serait pas temps de mettre à plat tous les moyens qui sont mis au service de l'éducation nationale, de redéfinir les priorités et les objectifs. On rajoute en permanence des moyens sans tirer le bilan des actions en cours. Je reste persuadée qu'il y a des doublons et donc des mesures et des crédits qui sont mal employés ou mal utilisés.De nombreux apprentissages ne sont pas maîtrisés (lecture surtout). Vous préconisez une concertation mais les profs sont ils capables de se remettre en question, c'est chaque fois la faute des autres: des parents, des crédits, du manque de formation, du gouvernement, etc....

Écrit par : christine | 09 février 2009

Certes Christine, vous avez raison : il faut aussi que le corps enseignant accepte une possible remise en question du cursus scolaire. A ce titre je vous conseille d'aller sur le Net voir le magazine "Zone interdite" de M6 de dimanche dernier...Et nous en reparlons...

Écrit par : phsans | 11 février 2009

Tant que l' on considéra qu'une quelconque rentabilité sur l' éducation et l enseignement( et le formation des enseignants) est une justification valable,nous aurons toujours un systéme au rabais.
L éducation, la santé,l'energie,ces besoins vitaux pour chacun de nous, doivent être résolus en termes de besoin et non de rentabilité ou pire de profit.

Enfin, Christine,je trouve un peu simpliste votre vue des enseignants.
Cette remise en cause dont ils ne seraient pas capables, ne serait-ce pas plutot un état d'esprit du à une certaine ignorance des véritables problématiques qui éxistent dans le systeme.
Ne tirons pas toujours sur l'ambulance.

Écrit par : martial | 12 février 2009

Martial bonjour,
Simplement une question: avez vous actuellement des enfants scolarisés ?

Écrit par : christine | 18 février 2009

Le corps enseignant n'échappe pas à la règle des autres corps de métiers en France: nous avons de trés bons enseignants qui font plus que consciencieusement leur tâche, d'autres démotivés, et d'autres qui font le "minimum syndical" (en étant gentil!)et refusent tout changement.Je crois qu'il faut aussi que les enseignants puissent accepter de regarder ce qui se fait dans d'autres pays. Accepter de se remettre en question. Le Français a parfois du mal à accepter qu'il puisse y avoir de bonnes idées ailleurs.
Sur la base de ce principe, il faut ensuite ouvrir le dialogue et tester...Et non réformer (si besoin sociétal) sans dialogue et concertation préalable. Comme c'est trop souvent le cas chez nous...

Écrit par : Philippe Sans | 21 février 2009

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