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11 avril 2009

Arago, Arago !

Combien de fois ai-je scandé (ou fait scander à l’époque où j’officiais au micro de la halle du Barrou) ces deux mots pour supporter notre club local de volley-ball ! Avec de belles heures passées à vibrer dans cette salle surchauffée…
Combien de fois aussi ai-je participé à sauver le club de la faillite (en animant l’ »Aragothon » lancé sur les ondes de Kiss FM à l’époque) ou de situations financières délicates (comme membre du comité directeur jadis et en cherchant des sponsors) !

Et bientôt donc, il nous faudrait scander « Arago Montpellier, Arago Montpellier ! » !

Aujourd’hui ne nous leurrons pas. Le projet de fusion entre les deux clubs héraultais de volley-ball de l’élite, Sète et Montpellier, obéit à des « logiques » diverses.

D’abord, la situation financière plus que difficile des deux clubs. A commencer par l’Arago, en déficit chronique depuis des années et régulièrement sauvé par des rallonges ou des aides municipales. Comme l’an passé déjà…Et déjà un nouveau problème de trésorerie, dû apparemment au retrait de certains sponsors de par la crise économique.
Mais si la situation financière était saine, certains iraient-ils vers une fusion avec Montpellier ?

Ensuite la « logique » sportive : s’unir c’est être plus fort, avoir plus de moyens et donc viser plus haut. C’est ce qu’ont voulu faire de nombreux clubs, aussi bien sétois qu’autre, recrutant à prix forts, au-delà même du raisonnable et du possible, en oubliant de continuer à former des jeunes locaux, et de les insérer dans l’équipe première, lui faisant perdre peu à peu une certaine identité.

Ensuite, la « logique » politique : certains poussent fortement par intérêt propre à cette fusion. Elle serait un appui de plus au projet de Grande Agglo Montpellier-Sète. Et servirait d’argument, complété par d’autres projets de fusion (entre les deux clubs de water-polo…et bientôt au football ?).
Sans parler peut-être de pressions ou d’intérêts (je n’emploie plus le terme de « logique ») plus mercantiles…

N’oublions pas non plus qu’un comité directeur, tout comme une Municipalité, doit être missionné pour engager toute mutation de cette importance normalement. Par ses électeurs. Ou en tout cas les adhérents qu’il représente. Et aujourd’hui, je n’ai pas vu la moindre présentation d’un projet à ces derniers.

Certes, on ne parle ici que des équipes premières. Et il y aurait toujours des équipes de jeunes dans chaque ville…

Certes le « médiateur » nommé par la Ville de Sète (Gérard Castan) est un homme de cœur du club sétois.


Mais pourquoi cette précipitation (il faudrait que tout soit prêt pour la saison à venir…c’est-à-dire dans trois mois) ?
Ces projets ne devraient-ils pas être intégrés dans la discussion générale d’évolution des entités politiques ? Avec intégration dans les projets de réunification des territoires (à commencer par une seule agglomération de Thau !) des compétences du sport de haut niveau.

C’est drôle comme le sport sétois, en quelques mois, a perdu de sa verdeur et de sa personnalité singulière...
Qu’en pensez-vous ?

10 avril 2009

Salut l'Emile...

Je dois vous avouer que j'ai été plutôt surpris de la sortie d'Emile Anfosso, adjoint au maire de Sète, lors du dernier conseil Municipal...à propos du MIAM.
Surpris car, même si sa démarche d'opposer sport et culture a été plutôt maladroite (les deux sont complémentaires et nécessaires dans la vie associative et sociale de la cité!), voilà qu'un élu ose dire tout haut la vérité. A savoir que le budget municipal et les aides annexes attribués à la démarche sont disproportionnés (l'Emile parle même de 400.000 € par an...pour 300...ou 3.000 entrées payantes...il faudrait reécouter la bande enregistrée!).

Voici ce que j'écrivais le...16 décembre 2007 sur le même thème sur ce blog...

"Dans le Midi Libre de ce dimanche 16 décembre, l’un de nos grands artistes sétois de renommée internationale, Hervé Di Rosa évoque entre autres choses « son » Musée International des Arts Modestes, lancé en novembre 2000. « Son », car il en a été avec Belluc l’un des instigateurs, et qu’il « préside » l’association qui le gère, même si l’institution fonctionne avec une grande partie de fonds publics (Etat, Région, Ville…).
Je ne conteste pas l’initiative originale visant à ouvrir ainsi les portes de l’art contemporain au plus grand nombre, par le biais d’un art dit « modeste », et rejoins l’artiste quand il déclare « L'art du quotidien permet d'amener vers l'art contemporain un public qui hésite à franchir le seuil des centres d'art. C'est la fonction du Miam. »
Je suis par contre grandement surpris par la modestie…inversée dont il fait preuve dans une autre de ses déclarations : « 25 000 entrées par an, ce n'est pas mal du tout surtout si on compare avec les autres musées de Sète. Et avec des moyens plutôt limités. »
Un artiste plongé dans les trames de la création perdrait-il la valeur de l’argent…et notamment de l’argent public versé par ses ex-concitoyens sétois ? Les moyens donnés à Hervé Di Rose ne sont pas « plutôt limités »…au contraire !
Rectifions les chiffres : le MIAM dispose de la plus grosse subvention culturelle annuelle attribuée par la Ville de Sète. 180.000 à 200.000 euros suivant les années, auxquels il faut ajouter une subvention complémentaire pour l’opération « Miam Miam Glou Glou » de l’automne, la mise à disposition des locaux et du personnel par la Ville…et une multitude d’aides indirectes et non comptabilisées par divers autres services municipaux. Pour la poire, comme l’on dit, c’est aussi l’établissement culturel sétois qui bénéficie des plus grosses aides des autres institutions publiques (Etat, Région…). Veut-il que l’on compare avec les autres musées de Sète ? Vraiment ?
Le MIAM n’est pas si…modeste que cela…
Concernant les entrées, je me félicite aussi du chiffre de 25.000 qui semble indiquer un net regain d’intérêt de la part du public…car les derniers chiffres officiels en ma possession sont loin du compte. Même en y ajoutant les entrées gratuites, quelques scolaires…A moins que les invités des vernissages ne soient compris…

Sans pour autant remettre en cause la démarche et la valeur du MIAM, il est je crois nécessaire de reposer les bases d’une véritable politique culturelle de ville. Intégrant d’abord la réalité des chiffres, mais aussi une véritable synergie entre les différentes structures existantes. Et pas au détriment des établissements publics."


Demain...on parlera du projet de fusion de l"Arago de Sète avec le club de Montpellier!

14:43 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (22)

06 avril 2009

Qui est la grenouille?

Connaissez vous l'amusante fable de La Fontaine, qui nous met en garde contre l'orgueil et la vanité?
Elle s'intitule
La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf.

"Une grenouille vit un boeuf
Qui lui sembla de belle taille.
Elle, qui n'était pas grosse en tout comme un oeuf,
Envieuse, s'étend, et s'enfle, et se travaille,
Pour égaler l'animal en grosseur.
Disant : " Regardez bien ma soeur;
Est-ce assez ? dites-moi; n'y suis-je point encore ?
Nenni. - M'y voici donc ? - Point du tout.
M'y voilà ?
Vous n'en approchez point "
La chétive pécore.
S'enfla si bien qu'elle creva.

Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages:
Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs,
Tout petit prince a des ambassadeurs,
Tout marquis veut avoir des pages."


C'est marrant...Elle me vient à l'esprit à l'heure où Yves Pietrasanta se précipite (et veut précipiter les autres maires de la Communauté de Communes du Nord du Bassin de Thau) vers l'Agglomération de Montpellier en ignorant superbement la Communauté d'Agglomération de Sète.
Et elle me vient aussi à l'esprit au moment où l'on veut fusionner les clubs de volley-ball et de water-polo de Sète et de Montpellier.
Et à l'heure aussi où certains veulent avant toute chose voir enfler, enfler, enfler la population sétoise sans se préoccuper avant tout des règles élémentaires d'un équilibre de qualité de vie qu'il faudrait alors prioritairement préserver.
A méditer...peut-être.