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10 avril 2009

Salut l'Emile...

Je dois vous avouer que j'ai été plutôt surpris de la sortie d'Emile Anfosso, adjoint au maire de Sète, lors du dernier conseil Municipal...à propos du MIAM.
Surpris car, même si sa démarche d'opposer sport et culture a été plutôt maladroite (les deux sont complémentaires et nécessaires dans la vie associative et sociale de la cité!), voilà qu'un élu ose dire tout haut la vérité. A savoir que le budget municipal et les aides annexes attribués à la démarche sont disproportionnés (l'Emile parle même de 400.000 € par an...pour 300...ou 3.000 entrées payantes...il faudrait reécouter la bande enregistrée!).

Voici ce que j'écrivais le...16 décembre 2007 sur le même thème sur ce blog...

"Dans le Midi Libre de ce dimanche 16 décembre, l’un de nos grands artistes sétois de renommée internationale, Hervé Di Rosa évoque entre autres choses « son » Musée International des Arts Modestes, lancé en novembre 2000. « Son », car il en a été avec Belluc l’un des instigateurs, et qu’il « préside » l’association qui le gère, même si l’institution fonctionne avec une grande partie de fonds publics (Etat, Région, Ville…).
Je ne conteste pas l’initiative originale visant à ouvrir ainsi les portes de l’art contemporain au plus grand nombre, par le biais d’un art dit « modeste », et rejoins l’artiste quand il déclare « L'art du quotidien permet d'amener vers l'art contemporain un public qui hésite à franchir le seuil des centres d'art. C'est la fonction du Miam. »
Je suis par contre grandement surpris par la modestie…inversée dont il fait preuve dans une autre de ses déclarations : « 25 000 entrées par an, ce n'est pas mal du tout surtout si on compare avec les autres musées de Sète. Et avec des moyens plutôt limités. »
Un artiste plongé dans les trames de la création perdrait-il la valeur de l’argent…et notamment de l’argent public versé par ses ex-concitoyens sétois ? Les moyens donnés à Hervé Di Rose ne sont pas « plutôt limités »…au contraire !
Rectifions les chiffres : le MIAM dispose de la plus grosse subvention culturelle annuelle attribuée par la Ville de Sète. 180.000 à 200.000 euros suivant les années, auxquels il faut ajouter une subvention complémentaire pour l’opération « Miam Miam Glou Glou » de l’automne, la mise à disposition des locaux et du personnel par la Ville…et une multitude d’aides indirectes et non comptabilisées par divers autres services municipaux. Pour la poire, comme l’on dit, c’est aussi l’établissement culturel sétois qui bénéficie des plus grosses aides des autres institutions publiques (Etat, Région…). Veut-il que l’on compare avec les autres musées de Sète ? Vraiment ?
Le MIAM n’est pas si…modeste que cela…
Concernant les entrées, je me félicite aussi du chiffre de 25.000 qui semble indiquer un net regain d’intérêt de la part du public…car les derniers chiffres officiels en ma possession sont loin du compte. Même en y ajoutant les entrées gratuites, quelques scolaires…A moins que les invités des vernissages ne soient compris…

Sans pour autant remettre en cause la démarche et la valeur du MIAM, il est je crois nécessaire de reposer les bases d’une véritable politique culturelle de ville. Intégrant d’abord la réalité des chiffres, mais aussi une véritable synergie entre les différentes structures existantes. Et pas au détriment des établissements publics."


Demain...on parlera du projet de fusion de l"Arago de Sète avec le club de Montpellier!

14:43 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (22)

05 juillet 2008

Le dernier souffle

Il y a des moments dans la vie où un simple geste peut-être ressenti comme un coup de poignard.
Mardi, les décors du spectacle historique « Cette histoire… », que j’ai co-écrit avec mon ami Michel Gay, ont été sortis de l’entrepôt municipal sétois d’Agrocanet, dans lequel ils avaient été créés par de formidables bénévoles. Et laissés au gré du vent et de la pluie. Autant dire qu’au moindre orage, il en sera fini de leur vie artistique.

L’explication est simple : il s’agissait pour la Municipalité de récupérer l’espace intérieur pour y loger ses services manutention. En effet, le lieu dans lequel ces-derniers logeaient vient d’être vendu pour une opération immobilière privée.

Depuis août 2007, l’association Cette histoire (que j’ai présidé de 2003 à 2006) était en négociation avec la Ville. Elle avait obtenu un premier sursis jusqu’en décembre pour y maintenir ses décors imposants (dont le célèbre train Montpellier-Cette des années 30 reconstitué sur de vieux porte-chars), dans le cadre de la convention annuelle de partenariat logistique avec la Ville à l’occasion de l’organisation du spectacle son et lumière. Puis, dans l’optique d’une nouvelle édition en 2009, remaniée, la Ville avait signifié qu’elle serait alors partenaire. Il convenait donc de garder à l’abri ces décors. Mais voilà, l’association, sans moyen financier, n’a pas trouvé d’autres lieux sur Sète. Et la Ville n’a rien proposé. A moins qu’elle n’ait rien trouvé…mais comme elle n’en a rien dit.

Avec mon ami co-créateur Michel, c’est une profonde blessure que nous avons ressentie. Alors que dans bien des villes de France, les sons et lumières historiques et féériques sont encouragés, développés (y compris désormais à Agde !)…ici, il a fallu depuis le début ramer en quelque sorte contre le courant. Certes, la politique d’animation culturelle revient au pouvoir en place. Et en la matière, de belles choses se font et se perpétuent depuis quelques années. Certaines ont aussi été lancées avec réussite, d’autres un peu moins. Mais en ce qui concerne Cette histoire, quel est le véritable soutien envisagé par la Ville ? Le rapport fait à la presse par Yves Moxin, homme humaniste entier et indépendant s’il en est de toute manipulation politique, y compris pour être clair de ma part (même si ce n’est pas mon genre !), de ses différentes rencontres pré- et post électorales avec la Municipalité laisse perplexe…

J’ai tenté de prendre de la distance pour ne pas politiser la chose, ou nuire aux intérêts de l’association. J’ai cependant, avec philosophie (mais avec aussi une sourde colère contenue), répondu à la presse écrite qui me sollicitait. Car je pense qu’il y a toujours (ou en tout cas bien souvent) une solution de consensus toujours possible. Car après tout, comme je l’ai dit, si la Ville souhaitait récupérer des locaux du FC Sète au stade Louis-Michel pour des travaux, aurait-elle mis toutes les affaires dehors à la merci d’intempéries ? Que nenni ! Une solution aurait été trouvée n’en doutez pas !

Quel sera donc l’avenir de Cette histoire ? Je ne le sais pas. Je me bats en tout cas, sans tapage, pour tenter de sauver ces décors, leur retrouver un abri…et faire retrouver aussi à l’association une possibilité de jouer à nouveau. Une dernière fois. Peut-être un autre spectacle. Ailleurs. Quitte enfin à régler ses dettes et à mourir ensuite dignement sur scène. Comme Molière. La tête haute. Fière. Honnête. Et passionnée jusqu’au dernier souffle…

19:13 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (8)

16 décembre 2007

MIAM MIAM…GLOU GLOU

Dans le Midi Libre de ce dimanche 16 décembre, l’un de nos grands artistes sétois de renommée internationale, Hervé Di Rosa évoque entre autres choses « son » Musée International des Arts Modestes, lancé en novembre 2000. « Son », car il en a été avec Belluc l’un des instigateurs, et qu’il « préside » l’association qui le gère, même si l’institution fonctionne avec une grande partie de fonds publics (Etat, Région, Ville…).
Je ne conteste pas l’initiative originale visant à ouvrir ainsi les portes de l’art contemporain au plus grand nombre, par le biais d’un art dit « modeste », et rejoins l’artiste quand il déclare « L'art du quotidien permet d'amener vers l'art contemporain un public qui hésite à franchir le seuil des centres d'art. C'est la fonction du Miam. »
Je suis par contre grandement surpris par la modestie…inversée dont il fait preuve dans une autre de ses déclarations : « 25 000 entrées par an, ce n'est pas mal du tout surtout si on compare avec les autres musées de Sète. Et avec des moyens plutôt limités. »
Un artiste plongé dans les trames de la création perdrait-il la valeur de l’argent…et notamment de l’argent public versé par ses ex-concitoyens sétois ? Les moyens donnés à Hervé Di Rose ne sont pas « plutôt limités »…au contraire !
Rectifions les chiffres : le MIAM dispose de la plus grosse subvention culturelle annuelle attribuée par la Ville de Sète. 180.000 à 200.000 euros suivant les années, auxquels il faut ajouter une subvention complémentaire pour l’opération « Miam Miam Glou Glou » de l’automne, la mise à disposition des locaux et du personnel par la Ville…et une multitude d’aides indirectes et non comptabilisées par divers autres services municipaux. Pour la poire, comme l’on dit, c’est aussi l’établissement culturel sétois qui bénéficie des plus grosses aides des autres institutions publiques (Etat, Région…). Veut-il que l’on compare avec les autres musées de Sète ? Vraiment ?
Le MIAM n’est pas si…modeste que cela…
Concernant les entrées, je me félicite aussi du chiffre de 25.000 qui semble indiquer un net regain d’intérêt de la part du public…car les derniers chiffres officiels en ma possession sont loin du compte. Même en y ajoutant les entrées gratuites, quelques scolaires…A moins que les invités des vernissages ne soient compris…

Sans pour autant remettre en cause la démarche et la valeur du MIAM, il est je crois nécessaire de reposer les bases d’une véritable politique culturelle de ville. Intégrant d’abord la réalité des chiffres, mais aussi une véritable synergie entre les différentes structures existantes. Et pas au détriment des établissements publics.

22:35 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)