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29 juin 2009

Ne pas exploiter...

Faut-il, au prétexte qu’une entreprise travaille dans un territoire occupé, se mobiliser contre sa venue sur le port de Sète ?

La question m’a été posée voici quelques jours pour connaître ma position au sujet de l'implantation du terminal fruitier israélien Agrexco sur le port de Sète. Implantation qui serait créatrice de 200 emplois. Le conditionnel s’imposant toujours dans ce genre d’annonce, car parfois la vérité finale est en-deçà des effets d’annonce. Et des aides financières attribuées sur ses promesses initiales par les collectivités publiques.
Certains se mobilisent contre cette implantation arguant qu’Agrexco travaille dans les territoires occupés par Israël sur une terre palestinienne. Le président de Région Georges Frêche dit lui ne pas vouloir mélanger économie et politique. Et qu’en l’état actuel, faire venir Agrexco c’est faire de l’économie.

Je ne partage pas tout à fait les propos de Georges Frêche. Dans une véritable logique humaniste, la politique économique ne doit pas fermer les yeux devant la politique des droits de l’homme. Les produits fabriqués pour quelques centimes de roupies par des enfants de 6 ans ou 8 ans dans des pays sous-développés devraient être interdits d’importations. Tout comme les produits fabriqués dans des pays où les salariés sont privés de liberté de penser. Quand ce n’est pas d’autres choses. Voir la liste des dictatures. Quid des produits chinois, cubains, russes et autres pendant des années ? Quid des imitations Nike et autres que d’aucuns portent dans les manifestations ? Des tee-shirts made in Asie ? Sans parler d’autres produits…Il faudrait que l’on arrête de se voiler la face sous prétexte de vouloir faire de l’économie…

Mais là où je rejoins le président de Région, c’est que la situation israélo-palestinienne est plus complexe que cela. D’abord la solution doit être diplomatique et politique. Et des deux côtés, tant palestinien qu’israélien, certains rêvent d’une cohabitation pacifique. Et des deux côtés, d’autres la refusent.

L’emploi de l’entreprise fruitière n’est pas volé aux salariés palestiniens qui travaillent dans les implantations. Ils sont payés. Espérons-le au juste prix du travail réalisé. Une entreprise qui livre depuis belle lurette la France via d’autres ports. Sans que quelqu’un ait trouvé à redire jusque là, alors que le conflit israélo-palestinien existait déjà.

Espérons aussi que le jour où le territoire de production aura trouvé sa juste place définitive dans la répartition géographie entre les deux entités, ces ouvriers palestiniens continueront de produire des fruits. Aujourd’hui, cette implantation va permettre de faire travailler des sétois et des gens du Bassin de Thau, des israéliens et des palestiniens. C’est déjà un pas vers une sorte d’équité. A condition qu’il n’y ait en aucun lieu, de l’exploitation humaine.

16:07 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (66)

19 décembre 2008

Gestion indigeste ?

La Chambre de Commerce de Sète vient d’être placée sous tutelle financière par le Préfet de l’Hérault.
Nous sommes loin des promesses de relance et des cent et quelques propositions que s’engageait à réaliser le candidat devenu président, chef d’entreprise réputé par ailleurs et à la réussite exemplaire.
Il faut lui reconnaître à décharge qu’entretemps, après que son prédécesseur ait commencé à redresser singulièrement l’état des finances qu’avait laissé un autre président précédent, le port a été pris en main par la Région. D’aucuns vous diront que ce sont des recettes en moins pour la CCI. D’autres pourraient rétorquer que ce sont aussi des dépenses en moins.
Mais il est une chose qui me rend perplexe :
alors que le port est en situation économique des plus fragiles, et que ses recettes vous sont ôtées au profit d’autres institutions, au lieu de réduire la voilure, il semblerait que les dépenses de certains postes n’aient pas été réduites.
Il faut espérer que certains recrutements à près de 4.000 € par mois (primes et frais divers avec) et certaines « missions » (dont en terre marocaine) , ou certains déplacements servent à la relance de l’activité consulaire, et par delà même du commerce sétois. Les chiffres, hélas, semblent prouver pour l’heure le contraire…

De là à s’interroger sur l’opportunité de recrutements ou de missions à l’étranger…
Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais en ce qui me concerne, si on m’annonçait que j’allais gagner moins d’argent, je me pencherais avec attention sur mon budget dépense pour le mettre en rapport avec mes rentrées…Du bon sens quoi en quelque sorte !

15:06 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (1)

08 septembre 2008

RSA : Rien Sur l’Argent ?

La solidarité. Quel beau mot n’est-ce pas ?
Il aurait même pu (ou dû) être accolé à notre noble devise nationale qu’est la triplette « Liberté, Egalité, Fraternité ». A moins qu’il ne soit compris dans le troisième de ces termes…
Mais ce noble engagement se heurte bien souvent à un mur : celui érigé par l’intérêt personnel. Ou celui de certains lobbies. On veut bien aider…mais bon, si d’autres peuvent le faire à notre place d’abord, c’est encore mieux ! Préservant ainsi notre petit confort égoïste et individualiste…Et préservant surtout de beaux comptes en Suisse, aux Iles Caïman ou autres paradis fiscaux.
Voilà donc pourquoi l’instauration du Revenu de Solidarité Active que projette le gouvernement est une bonne chose. Il a le double mérite de faire jouer la solidarité nationale tout en incitant très fortement Rmistes et demandeurs d’emplois à prendre des propositions d’emplois sans perdre de l’argent. Comme c’est parfois le cas…Une proposition faite par la Gauche, le Centre et la Droite aux dernières présidentielles.
Mais voilà que l’égoïsme…de certains lobbies vient quand même s’infiltrer dans ce processus social : le très pervers « bouclier fiscal » instauré par le président Sarkozy va permettre aux plus nantis, soumis à l’ISF (Impôt sur la Fortune), de ne pas être ponctionné sur le capital pour fournir l’argent nécessaire au RSA ! Et le ponctionnement sur les stock-options qui remplissent les poches des responsables de sociétés mis à la porte ou « démissionnés » sera d’une grandeur…microscopique ! Pourtant, la Solidarité devrait impliquer la participation de tous!
Une fois encore, les classes moyennes qui sont proportionnellement plus ponctionnés que les classes supérieures sont les dindons de la farce. Ne nous étonnons pas si la croissance, c’est-à-dire aussi les achats des français, se ralentit. La saignée pratiquée jadis par les médecins ignorants du Moyen-Age sauvait parfois quelques malades, mais elle en envoyait bien plus et bien plus vite…ad patres ! Nous sommes vraiment pris pour des veaux !

16:20 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0)