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02 juin 2008

Chronique d’une mort annoncée

Derrière le titre de ce formidable livre de Gabriel Garcia Marquez, une triste réalité économique. Sous couvert de défendre notre pouvoir d’achat, voici donc que le Président de la République et le Gouvernement veulent multiplier les grandes surfaces et autres hyper-, super- ou je ne sais quoi encore d’extra-marchés ! Pour faire jouer la concurrence à tout va, faire ainsi baisser les prix et soulager notre porte-monnaie de quelques centimes d’euros.
Ce ne sera en fait qu’une bombe fiscale à retardement.
En effet, croyez-vous que les dites « grandes surfaces » rogneront sur leurs marges ?
Que nenni.
Elles accentueront leurs procédés actuels : rogner sur les marges et les bénéfices des producteurs. A commencer par nos agriculteurs, vignerons, pêcheurs et autres petites gens. Sous prétexte de la concurrence internationale. Les faisant même vendre à perte par moment pour les débarrasser en urgence d’une production périssable (pour le consommable) menacée de non-vente.
Et croyez-vous que ces professions vont mourir en silence ? Que nenni encore ! Elles se tourneront vers le Gouvernement pour obtenir des bouffées d’oxygène financières. A la charge…des contribuables encore.
Par ailleurs, c’est la qualité des produits qui souffrira aussi de cette course aux prix bas : on mettra plus de ceci…au détriment de cela. Ou l’inverse. Et tant pis pour les conséquences sur la santé à long terme des consommateurs.
Pendant ce temps là, les grandes surfaces surferont sur de confortables marges, les patrons du CAC 40 sur des stock-options…et nous sur les crédits !
Et le petit commerce local ? Il sera lui aussi à porter bientôt au rang des « ci-gît… ».
Le problème n’est-il pas ailleurs ? Et si on commençait, pour soulager le pouvoir d’achat des gens, par rendre les impositions fiscales indirectes plus en rapport avec les revenus ?
On en revient par exemple au problème actuel du carburant : payé par tous pour le même usage vital…mais avec des revenus différents.
Oui, je suis favorable à un carburant détaxé, à un développement d’autres formes de transports…mais au retour d’une vignette voiture imposant fortement les grosses cylindrées (et interdiction des modèles polluants !) et plus faiblement les petites. Au prorata de l’avis d’imposition fiscale.
Le juste équilibre…vital, non ?

10:40 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0)

28 mai 2008

Trop-plein !

Même si certains d’entre eux ont pris l’habitude depuis quelques années de prendre des libertés avec les règlements (puissance maximale des moteurs, jauge de leur bateau, quota de pêche…), la colère des pêcheurs à propos de la hausse effrénée du prix du gazole est aujourd’hui légitime. Tout comme celle des transporteurs routiers, agriculteurs, taxiteurs…ou autres professions qui, par « essence » même, ont un cruel besoin de carburant pour exercer leur activité.
Mais ce débordement, la goutte de trop qui fait déborder le vase de la tolérance sociale doit aussi nous conduire, simple citoyen, à réfléchir sur ce hold-up à grande échelle sur notre porte-monnaie et notre pouvoir d’achat.
Ne nous y trompons pas : ce n’est point la raréfaction des ressources pétrolières qui est la cause de cette flambée des prix, mais une véritable spéculation en bourse. En contribuant à vider les nôtres !
Certes, sous le flot de revendications, le président et le Gouvernement viennent d’annoncer des mesures d’aides financières. D’abord pour lesdites professions, puis ensuite pour celles et ceux qui sont les plus pénalisés au quotidien. Bien. Mais n’oublions pas que cet argent…c’est encore le nôtre, puisqu’issu du budget de l’Etat et donc de nos taxations. En l’occurrence, du surplus de TVA touché…sur le prix des carburants ! C’est décidément le serpent (monétaire) qui se mord la queue !
Et une fois encore, les contribuables payent les pots cassés...pendant que des multinationales pétrolières et des actionnaires spéculent à tout va sur l'or noir et tirent et les ficelles et les marrons du feu.
Et bizarrement, aucun homme politique national ne monte vraiment au créneau! Rassurez-moi, ils n'ont aucun lien direct avec ces grandes compagnies? Le financement occulte des partis politiques, les pots-de-vin (ou plutôt d'essence), les dessous de table, les commissions occultes...c'est bien fini? Mais peut-être roulent-ils à l'électrique...

Alors appliquons à notre tour le système du trop-plein. Système permettant la régulation du niveau de liquide dans une cuve par débordement. Et que le débordement de notre colère s’exprime…mais par des actes régulant par le poids citoyen le marché. Touchons donc là où ça fait mal, au porte-monnaie :
- boycottons les stations services des grandes marques pétrolifères, aux bénéfices annuels colossaux ;
- adhérons à des associations militants pour le recours à d’autres types de carburants (électriques, huiles de colza ou de tournesol…)
- développons le covoiturage ;
- augmentons nos déplacements en transports en commun, en vélo ou à pied.


Il est temps aussi de s’interroger sur le système de taxation et des rentrées parafiscales indirectes encaissées par l’Etat. Indexer des prélèvements sur les revenus est le moyen le plus juste, le plus équilibré socialement. Et humainement. Le système de taxe sur les carburants pénalise d’abord les petits revenus. Qui ont les mêmes besoins de se déplacer pour leur travail, leur vie familiale ou sociale. Il est de temps de comprendre que ce n’est pas en continuant d’étrangler ainsi le pouvoir d’achat… que l’on va contribuer à le relancer. Une lapalissade qui semble échapper à bon nombre de décideurs politiques !

15:10 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (12)

15 décembre 2007

Sète…à quai !

Il y a ceux qui rêvent toute leur vie de s’embarquer pour des horizons lointains, des découvertes enrichissantes. Vers le futur. Et qui un jour osent. Et ceux qui restent au bord du quai. Sans jamais tenter de donner vie à leurs rêves.
Sète est resté à quai concernant la mise en valeur de sa première richesse : son essence maritime, son sang bleu, ses odeurs remontées des profondeurs de sa genèse.
En 1989, je passais mon diplôme d’Etat d’architecture. Ma thèse portait sur une muséographie mettant en valeur la mer. Projet dessiné sur Sète, partant de la Corniche avec une promenade de bord de mer (tiens, tiens…), un parking réaménagé d’un Théâtre de la Mer remis en valeur (re-tiens, tiens, tiens…), une promenade prolongée jusqu’à une criée qui devait jadis déjà peut-être à l’époque déménager vers Frontignan (projet commun alors du Département et des pêcheurs…)…Thèse soutenue avec succès et saluée d’un diplôme. Et dont certaines idées ont depuis été concrétisées sur Sète. Ce dont je me félicite. Mais de muséographie autour du concept des profondeurs marines, des métiers de la pêche et de la mer de notre Golfe du Lion…point.
Aujourd’hui, à quelques encablures de notre port…que l’on dit porte de la région sur la Méditerranée, voici que vient de sortir des flots…pardon de terre (Montpellier n’étant pas un port !), « Mare Nostrum ». Un complexe géant mêlant aquarium, zone ludique et éducative…On peut même embarquer sur un bateau par gros temps…comme pour de vrai !
Sète est resté à quai en ce qui concerne cette opportunité.
Il nous faut donc oser, en étudiant leur faisabilité, porter des projets qui nous sont propres ! Avant que d’autres ne s’en emparent pour leur bonheur. Il en va de notre survie….
Voilà pourquoi j’ai proposé, dans un premier projet de ville visant à redonner du souffle à notre cœur, de créer des anneaux manquants pour la plaisance navigante et de cabotage en notre vieux bassin. Au cœur même de notre ville. Tout en conservant autant que possible ce qui fait l’essence même et la singularité de notre port, les petits métiers et ces chaluts qui ont déserté le Cap d’Agde ou la Grande-Motte…
Un projet que nous nous devons de porter, d’étudier et de faire sortir des flots avec les pêcheurs, les plaisanciers, les commerçants locaux, la Région (maître désormais du port), l’Europe et des investisseurs privés. Pour que tous puissent embarquer pour demain. Ensemble. Et pas rester à quai !

23:55 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (2)