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11 novembre 2008

L'opacité du béton

Observateur du dernier Conseil Municipal de Sète, j’ai eu la surprise de voir retirer la dernière des questions à l’ordre du jour : le vote du Projet d’Aménagement et de Développement Durable pour la Ville. Le PADD, élément important normalement du nouveau (et en « révision » depuis six ans!) Plan Local d’Urbanisme.
Explication donnée par le Maire : l’opposition réclamait une concertation…tout comme sa conseillère municipale en charge de l’environnement !

Ainsi donc ce Projet d’Aménagement et de Développement Durable allait être soumis au vote…sans que soit consulté au préalable cette conseillère municipale ?! Ni aucun autre élu en charge d'autres délégations concernées par le problème ?! Sans non plus avoir réuni au préalable une Commission Municipale de l’Urbanisme ?!

Quel manque de concertation et de démocratie au sein même de l’équipe municipale ! D’autres élus de la majorité ne pipent mot comme l’on dit à Sète, mais n’en pensent pas moins. Reste à savoir si leur silence est destiné à préserver avant tout leurs petites rémunérations de conseillers municipaux.

Ce manque de transparence conduit à se demander ce qui se cache derrière ce PADD que l’on veut vite voir voter. Derrière cette course effrénée à l’augmentation de population que l’on veut vite entériner. Derrière cette volonté d’urbaniser très vite à l’Est de la Ville…en se gardant bien d’expliquer ce qui va changer (ou pas) dans les autres secteurs sensibles que sont le Cœur de ville, Saint-Clair et ses premières pentes…

Le débat est trop important pour le sacrifier. Evitons au passage de sacrifier aussi l’identité de Sète. Et de laisser libre cours à certaines dérives foncières.

07:23 Publié dans Urbanisme | Lien permanent | Commentaires (1)

01 octobre 2008

Voir plus loin...

Le permis du projet immobilier sur ledit terrain de Roanne jouxtant l’hôpital de Sète a donc été retiré. Par mesure d’apaisement, dit-on, par le maire en personne.
Certains y voient une bonne chose pour la défense de l’environnement ou bien de l’hôpital.
Ne nous leurrons pas d’abord sur la procédure !
Un permis accordé à un promoteur par l’autorité municipale ne peut être retiré par le maire sous peine que ce dernier soit attaqué devant le Tribunal administratif par le promoteur. Puis condamné. Sauf si le permis a été accordé sans respecter les règles d’urbanisme ou en dépit de la préservation de l’intérêt public (procédure complexe et lourde). Etait-ce le cas ?
Par contre un permis peut être aussi retiré par le promoteur lui-même. Soit parce qu’il juge qu’un éventuel recours contre son projet et son permis peut l’emporter, et donc lui faire perdre du temps et de l’argent. Soit parce qu’après négociation avec les autorités, il accepte de déposer un permis rectifié.
Mais ne nous leurrons pas non plus. A ce jour, ledit promoteur licencie près de 170 personnes en France, les ventes de l’immobilier s’effondrent, les chantiers sont au ralenti ou parfois même arrêtés. Et un permis accordé n’est valable que deux ans. Et s’il s’agissait simplement de retarder le chantier pour attendre des jours meilleurs ?

Dés lors, satisfaisons nous de ce retrait de permis. Et espérons que les autorités en profiteront pour repenser la vision de développement urbanistique de la ville, celui de ses infrastructures publiques (tel que l’hôpital), en y intégrant la préservation des premières pentes verdoyantes de Saint-Clair. Le tout dans enfin, un véritable Plan Local d’Urbanisme. On l’attend toujours…

14:57 Publié dans Urbanisme | Lien permanent | Commentaires (0)

13 juillet 2008

Hippocrate…ou hypocrite ?

Les réactions de certains politiques sétois ces derniers jours au projet immobilier sur un terrain jouxtant le Centre Intercommunal Hospitalier de Sète, pourraient prêter à sourire. Entre un maire qui n’est pas au courant des désirs d’extension de l’hôpital, alors qu’il a des représentants au Conseil d’Administration, et des socialistes qui ne se souviennent plus d’avoir été aux affaires.

Mais au-delà de ces « petits mensonges entre amis », le problème est plus important qu’il n’y parait : c’est celui tout d’abord de l’avenir de cet hôpital.
S’il ne peut s’ancrer plus encore dans le besoin du terrain (sans jeu de mot) local, il risque fort de se voir peu à peu dépecer de ses moyens, dans le cadre de la grande recentralisation actuelle des équipements publics. Cela se ferait au profit des structures montpelliéraines…ou de cliniques privées plus proches.
Conserver ses urgences est chose vitale pour tout notre bassin. Et si son héliport est déplacé (momentanément ?), quid de leur avenir ?
Certains dit-on verraient aussi d’un bon oeil le déplacement de cet hôpital hors de Sète, dans une zone plus intercommunale. Si cela doit être mûri dans l’intérêt général des habitants de l’agglomération Sète-Bassin de Thau, pourquoi pas. Si cela doit être pensé pour des intérêts particuliers, immobiliers ou autres, c’est autre chose !

C’est aussi la question de la spécificité urbaine et patrimoniale sétoise.
J’ai eu l’occasion de dénoncer, lors de ma campagne municipale, la course effrénée que certains semblent vouloir entreprendre à l’augmentation démographique sur un territoire sétois limité. Protéger et rénover le parc immobilier existant aux caractéristiques patrimoniales et architecturales attractives se doit d’être une priorité. Renouveler celui qui est obsolète avec des constructions nouvelles, aussi. Tout comme développer des programmes immobiliers intégrés dans un véritable espace pensé, en environnement durable.

Mais faire disparaître à coup de tronçonneuse des parcelles entières au profit de grands programmes à échelle démesurée est aujourd’hui à l’encontre d’une ville équilibrée. Tout comme ne pas réfléchir à la place de tels espaces dans le développement urbain futur.

Voilà pourquoi il était temps de définir de nouvelles règles d’urbanisme sur Sète, dans le cadre d’un Plan Local établi en concertation avec les professionnels de l’immobilier et de la construction, les riverains, les associations de quartier et de protection de l’environnement. Le tout dans la droite ligne des futures prescriptions déjà connues du Schéma de Cohérence Territoriale d’agglomération.

Là encore malheureusement, on semble depuis six ans, et la mise en révision du plan d'urbanisme sur Sète, ne pas dégager de réflexion à long terme. Celle que doit avoir tout bon urbaniste et tout bon politique. A moins que l’objectif réel, et alors autant le dire de manière claire et assumée, soit de porter Sète à 60.000 ou 70.000 habitants ! Ce serait alors la perte de notre identité propre au détriment d’une nouvelle, plus « neutre ». A moins encore que cette réflexion ne soit gardée secrète pour l’heure…Elle serait pourtant intéressante. Ne serait-ce que pour un débat démocratique.

15:00 Publié dans Urbanisme | Lien permanent | Commentaires (14)