15.04.2008
De la volonté politique...
L’un des internautes me lançait un appel suite à la mise à la rue forcée des locataires après l’incendie d’un appartement rue Lazare Carnot début avril. « Ils ont besoin de vous » concluait Max (voir son commentaire à la note « Respect »).
J’ai suivi avec attention cette situation. Et deux personnes de notre liste malheureuse aux dernières municipales (Nicole Bandelier et Marialys Caramel) se sont mobilisées et ont même assisté à plusieurs réunions (y compris en mairie) sous l’égide d’associations auxquelles elles appartiennent.
Aujourd’hui, la victoire est surtout d’avoir réussi à dégager une réponse consensuelle et humaine. A savoir que jusqu’au 30 avril, les résidents sont pris en charge par la commune en chambre d’hôtel, puis à dater du 1er mai, relogés dans des « appartements tiroirs » (terme horrible auquel je préfère celui d’ »appartements relais ») payés par leurs loyers et par un complément pris en charge par les propriétaires.
Vous voyez que ma discrétion n’empêchait pas des personnes de notre équipe de suivre et travailler dans le bon sens. Avant si nécessaire une agitation plus médiatique. C’est avant tout cela faire de la politique.
Maintenant qu’il a été répondu aux besoins d’urgence, permettez-moi quand même de dénoncer certains faits.
Tout d’abord l’irrespect humain dont font preuve certains propriétaires, qu’il faut bien qualifier de vendeurs de sommeil. Propriétaires de logements insalubres ou dangereux, et qui n’hésitent pas à les louer malgré ce à des gens en situation plus que précaire. Il y en a à Sète. Ainsi dans cette même rue Lazare Carnot certains ont même profité à l’époque de divorces, séparations, problèmes familiaux…pour acquérir des logements ou immeubles entiers pour des bouchées de pain via des intermédiaires. Puis les ont mis en location…sans y investir le « minimum vital » pour y loger de manière conforme aux besoins actuels. Sans parfois même répondre à leurs obligations légales de propriétaires malgré des relances de locataires. Ils seraient d’ailleurs intéressants de voir de plus prés. De la liste des propriétaires réels (sans parler des prête-noms)…jusqu’à l’état des lieux. Travail intéressant pour les acteurs sociaux, municipaux…et pour les journalistes. A condition de prendre le temps…
M’étonnez ensuite que l’arrêté de mise en péril pris par la Commune en janvier dernier…est laissé des occupants jusqu’en cette date du 2 avril. Et encore, il a fallu un incendie pour évacuer ledit immeuble ! Il y a de quoi s’interroger. Prendre des arrêtés, des interdictions…ne sert à rien si dans les faits rien ne change. N’y voyez aucune accusation, mais matière à réflexion.
J’irais donc au-delà. Et il me revient à l’esprit les propos d’une « blogueuse » qui affirmait qu’ « on ne peut forcer un propriétaire… ». Et bien si. La loi donne aux pouvoirs publics, et notamment aux mairies, la possibilité après un arrêté de mise en péril de détruire ou de réhabiliter des immeubles aux frais du propriétaire même en cas de mauvaise volonté ou de défaillance complète de celui-ci.
Une étude très intéressante avait démontré voici quelques temps que certains projets de lois qui semblaient novateurs ne faisaient que reprendre des lois déjà votées…mais non appliquées ! Il suffit donc parfois simplement d’un peu de bon sens. Et de volonté politique !
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